Juliette FROGER-LEFEBVRE

Postdoctorante en sociologie et science politique de la santé

  • GEMASS, Sorbonne Université – CNRS et ISP, Université Paris Nanterre

Après une thèse en science politique menée de 2014 à 2020 à l’Université Paris Nanterre et proposant une sociologie politique de groupes de parole réunissant des personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire (Les Outremangeurs Anonymes), Juliette Froger-Lefebvre poursuit ses recherches en sociologie de la santé dans le cadre de son post-doctorat à Sorbonne Université. Il s’agit d’un projet de recherche sur la prescription de la médecine génomique dans un contexte de mise en place du Plan France Médecine Génomique 2025 (PFMG2025) et dont un des axes porte spécifiquement sur l’impact de la généralisation de ce nouveau type de séquençage sur les trajectoires thérapeutiques des patients.

Autres projets en cours

Prescrire la médecine génomique avec Sylvain Besle, Renaud Debailly, Estelle Vallier et Quentin Lade

Le Plan France Médecine Génomique (PFMG) 2025, lancé en 2016, vise à introduire la médecine de précision dans les parcours de soin en France. Il prévoit le développement de plateformes de séquençage à très haut débit et l’exploitation de données informatiques. Ces dernières constituent un enjeu scientifique, clinique et industriel de grande ampleur. En effet, d’abord intégrée dans les parcours des patients atteints de cancer ou de maladies rares, le plan a pour objectif à terme de généraliser la prescription de la médecine de précision pour l’ensemble des maladies.

Ce projet de recherche sociologique vise alors à étudier ce changement d’échelle de la médecine génomique, le passage de la recherche vers le soin dans le cadre du PFMG. Pour ce faire, sont interrogées les conditions de prescription de tests génomiques en contexte clinique à l’échelle nationale dans le domaine de la cancérologie. Particulièrement dans le cadre du PFMG, la prescription est à la fois un acte clinique (envoi d’un patient) et un acte scientifique (production de données génomiques) qui s’effectue entre plusieurs organisations et professionnels différents (médecins, biologistes, biostatisticiens, administratifs, etc.). Enfin, nous pouvons supposer que la généralisation de pratiques de recherche dans le soin, via l’outil de prescription, génère pour les patients de nouvelles façons d’appréhender la maladie et de nouveaux choix thérapeutiques.